Abstract

L’enfant est-il un être rationnel? Les comparaisons qu’Aristote établit entre le petit enfant d’une part, et les bêtes sauvages et les esclaves d’autre part, donnent à penser que ce n’est pas le cas. Toutefois, un examen attentif du contexte doctrinal dans lequel prennent place ces comparaisons indique qu’il ne s’agit pas là de jugements dont la portée s’inscrit sur le plan axiologique. En outre, une étude des facultés de l’âme visées par l’éthique montre que le rôle de l’éducateur, lequel doit inculquer à l’enfant les habitudes qui le mèneront, adulte, à l’exercice de la vertu au sens fort, ne consiste pas à s’adresser à l’enfant comme être rationnel, mais bien comme être raisonnable, ce qui relève d’une tout autre faculté de l’âme. Cette conception de la vertu et des moyens qui doivent être mis en œuvre pour acquérir cet état stable explique l’importance qu’accorde Aristote à l’obéissance dans l’éducation des enfants.

Is the child a rational being? Aristotle's comparisons of the infant with wild beasts and slaves suggest otherwise. However, a careful examination of the doctrinal context in which these comparisons take place indicates that they are not axiologically based judgements. Moreover, a study of the soul's faculties, from an ethical point of view, shows that the role of the educator, who must inculcate in the child the habits which, as an adult, will lead him to the exercise of virtue in the strongest sense, does not consist in addressing the child as a rational being, but rather as a reasonable being, which is a matter for an entirely different faculty of the soul. This conception of virtue and the means that must be employed to acquire this stable state explains the importance Aristotle places on obedience in the education of children.

Galleys

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